extraits d’un article de M.CANFIN, paru dans Cosmopolitiques, en août 2006 sur le thème « Peut-on faire l’économie de l’environnement ? «
Partant d’une question "Comment aller vers un marché responsable ?" et s’appuyant sur de très nombreux exemples, M. Canfin nous conduit vers un constat « Il ne peut y avoir de conversion écologique de l’économie sans entreprises ni consommateurs responsables. » M. Canfin, y aborde le sujet sous différents angles :
Quelle est l ’alternative à ce scénario noir- vert ?…
Les initiatives d’économie solidaire
La première piste pour construire ce marché responsable est d’inventer de nouvelles façons de produire et de consommer. Et, en la matière, ce ne sont pas les initiatives qui manquent…
Mais ces initiatives d’économie solidaire dépassent rarement des seuils symboliques en termes de parts de marché…, mais lorsqu’elles prennent de l’ampleur, certaines initiatives parviennent à faire bouger le comportement des grandes entreprises multinationales…
Dès lors, une sécurisation juridique s’impose pour éviter que tout le monde ne puisse prétendre « faire du commerce équitable ». C’est à ce stade que les pouvoirs publics ont un premier rôle à jouer pour développer ce marché responsable : sécuriser juridiquement les labels de consommation citoyenne…
L’Investissement socialement responsable (ISR)
À côté de la création de filières spécifiques, il s’agit aussi de peser directement sur les comportements des grandes entreprises. Là, ce sont moins les consommateurs individuels qui sont les acteurs du changement que des groupes de pressions, des associations de consommateurs, des ONG, voire des syndicats. Dans un registre parallèle à celui de la consommation, celui de l’épargne, les fonds labellisés Investissement socialement responsable (ISR) voient leurs volumes croître d’année en année…
Les grandes entreprises et le développement durable
Ainsi, le consommateur qui se veut responsable a aujourd’hui de nombreuses informations en sa possession. Ce qui n’était pas le cas il y a dix ou vingt ans. Il dispose dans les rayons de labels relativement précis et sécurisés sur le plan juridique qui lui fournissent des informations clés en matière environnementale…
Par ailleurs, les grandes entreprises de distribution ou les marques de « grande consommation », dont le principal capital est l’image, ne peuvent pas rester longtemps avec un discours marketing en complet décalage avec leurs pratiques…
Les limites des niches de marché responsables
En l’absence de contraintes publiques obligeant par exemple la Chine à interdire le travail des enfants ou en l’absence de politique publique favorable au transport de marchandises par le ferroviaire en France, le fait que des entreprises soient en avance sur leurs obligations légales est un phénomène positif et à encourager. Mais cette pression sur les entreprises ne saurait évidemment suffire à assurer la conversion écologique de l’économie et l’émergence d’un marché responsable. La solution est bien dans l’articulation permanente entre l’action de la société civile et sa traduction dans des normes contraignantes issues des politiques publiques… Sinon, on arrive au paradoxe suivant : La « niche responsable » peut progresser dans un contexte d’aggravation de la tendance qui l’a fait naître (ex de paradoxe : la déforestation. Le nombre d’hectares ayant reçu un label de gestion durable n’a jamais été aussi élevé dans le monde. Pour autant, le rythme de la déforestation s’est encore accéléré sur la dernière décennie).. Mais qui en est responsable ? Les porteurs d’alternatives ou les gouvernements ? …
Autre limite à la constitution d’un marché responsable : la complexité des comportements des entreprises et des situations, qui rend parfois impossibles les arbitrages de consommation « vertueux ». Ainsi, faut-il privilégier un produit bio importé d’Autriche qui fait des milliers de kilomètres ou un lait non bio produit localement ? … La construction d’un marché responsable est donc une affaire complexe….mais pas désespérée !
par Lorraine SOULIE animatrice à Vienne Agrobio
Telle est l’accroche choisie par l’Agence bio pour sa communication vers le grand public. Certes, les produits biologiques bénéficient d’une excellente « image de marque » comme en témoigne l’augmentation croissante de la consommation ces dernières années. Mais, quels sont les vrais leviers dont nous disposons pour faire de nos achats un vrai geste citoyen et écologique ? Quelques idées de bonnes résolutions pour 2008…
Cinq idées de bonnes résolutions pour 2008 :
1/ En 2008, je consommerai des produits locaux Pourquoi ? Parce que le tiers des transports routiers concerne des produits alimentaires. Or ce type de transport est particulièrement gourmand en carburant. Comment ? En allant chez les producteurs proches de chez moi. Attention cependant, certains modes de consommation locaux présentent parfois des inconvénients, car les volumes transportés sont moins importants et mobilisent des véhicules parfois peu adaptés. Si vous devez vous déplacer chez un producteur, pensez à faire des commandes groupées entre voisins. Pourquoi ne pas également essayer de remplacer le jus d’orange de Floride par le jus de pommes local ?
2/ En 2008, je mangerai bio Pourquoi ? Parce que les engrais azotés utilisés en agriculture conventionnelle sont majoritairement responsables de l’émission d’oxydes d’azote, deuxième gaz le plus contributeur à l’effet de serre (le pouvoir de réchauffement du N2O est 310 fois supérieur à celui du CO2). Parce que 94% des eaux superficielles sont contaminées par les pesticides. Parce que la mortalité des abeilles se poursuit à une vitesse alarmante. Parce que de nombreux pesticides sont incriminés dans les problèmes de fertilité. Et j’en passe ! Comment ? En m’adressant aux producteurs bio de mon département, indiqués dans le guide de VIENNE AGRO BIO. En poussant la porte des magasins bio proches de chez moi.
3/ En 2008, je limiterai tous les emballages inutiles Pourquoi ? Parce que par définition, les emballages inutiles ne servent à rien. Parce que même les sacs biodégradables ont un coût environnemental (notamment pour le transport, car ils sont plus lourds que des sacs plastiques). Comment ? En gardant un sac en tissu ou un panier pour les courses. En privilégiant les achats en vrac ou en volume important. En fuyant les emballages individuels.
4/ En 2008, je modifierai mes habitudes alimentaires Pourquoi ? Parce que notre alimentation actuelle est mal adaptée à nos besoins. Nous consommons beaucoup plus de viande que nécessaire. Or l’énergie nécessaire à la production d’un kilo de viande est environ 7 fois supérieure à celle nécessaire pour la production végétale. Il faut entre 5 et 10 fois plus de surface cultivée pour produire de la viande que des végétaux. Cette même viande à laquelle les pays en voie de développement n’ont quasiment pas accès. Comment ? En réduisant les portions de viande et en la remplaçant parfois par d’autres sources de protéines (légumes secs par exemple). De plus, manger moins de viande permet aussi, pour le même prix, d’en manger de meilleure qualité, comme la viande bio par exemple !
5/ En 2008, j’établis des priorités concernant mes achats Pourquoi ? La part de notre budget consacrée à notre alimentation n’a cessé de baisser, et notre assiette est de plus en plus déséquilibrée (pour notre santé et pour la planète). Dans le même temps, l’équipement ménager est de plus en plus perfectionné, et de plus en plus gourmand en énergie. Comment ? Tout est une question de choix. Il n’est pas question de renoncer au confort et à certaines technologies, mais il est important de reconsidérer nos achats. Est-il nécessaire de changer notre ordinateur au bout de trois ans (612 L de pétrole sont nécessaires pour fabriquer un ordinateur) ?
Eléments bibliographiques :
Vienne Agrobio (association de développement de l’agriculture biologique en Vienne)
Tél. : 05 49 44 75 53
Courriel : vienneagrobio@wanadoo.fr
Coopérative de finances solidaires, la Nef s’est donnée pour mission de relier épargnants et emprunteurs autour de projets respectueux de l’homme et de la terre.
Elle intervient au moyen de prêts pour soutenir des projets à caractère social, environnemental et culturel grâce à l’argent que lui confient ses sociétaires sur des comptes de dépôts ou des comptes bancaires (Les comptes bancaires sont des formules gérées en partenariat avec le Crédit Coopératif).
Organisme de crédit agréé depuis 1988 par la Banque de France, la Nef rassemble aujourd’hui plus de 16 500 sociétaires, épargnants désireux de placer leur argent de façon éthique et solidaire, et emprunteurs porteurs d’initiatives innovantes respectueuses de la personne humaine et de l’environnement.
La NEF propose différents produits d’épargne solidaire, tous labellisés par Finansol.
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