Les HLM allemands ressemblent étrangement aux nôtres. Trois
d’entre eux, situés Rotlintstrasse à Francfort, datent des années 50.
Avant les travaux intérieurs et extérieurs, les locataires sont installés
pour une durée de 6 mois dans les 10 % de logements vides du parc HLM avant de se réinstaller dans leur logement rénové, s’ils le
souhaitent.Puis commencent les travaux d’isolation, par l’extérieur bien sûr, pour éviter les ponts thermiques ; on appose donc sur les murs une structure en bois préfabriquée, composée de « coffres », sur lesquels on pose des plaques OSB (panneaux de fibres de bois résineux, sans colle) avant d’y insuffler de la ouate de cellulose sur une épaisseur de
20 cm (U : 1,3), qui procure une bonne isolation thermique et phonique. Puis la façade est crépie. Le tout pour un coût de 109 € au m2.
Le plafond des caves est également isolé avec 30 cm d’ouate de cellulose, ainsi que les murs intérieurs et extérieurs sur une hauteur de 50 cm, afin d’éviter tout pont thermique.
Les ouvertures, fixées dans la partie « isolation » et non pas à la place d’origine pour ne pas réduire l’éclairage naturel du logement, sont choisies avec du triple vitrage, bien sûr.
Et comme dans tous les bâtiments qui répondent aux normes de la Maison Passive, on y installe une VMC double flux, qui permet de réchauffer l’air entrant grâce à la chaleur de l’air sortant, au niveau d’un
échangeur. Plus besoin de chauffage, sauf occasionnellement, par grands froids, à l’aide d’un générateur collectif qui fonctionne avec de l’huile de colza.
Afin de réduire encore les besoins d’énergie, des panneaux
solaires thermiques collectifs chauffent l’eau sanitaire qui circule dans des conduits très bien isolés, sur lesquels on a, de plus, installé un diaphragme « antilégionnelle », permettant de ne chauffer l’eau
qu’à 48°.
Tous les logements sont ensuite équipés d’ampoules basse consommation, d’une armoire sèche-linge branchée sur la VMC double-flux dans la salle de bains (énergie gratuite !) et d’un système mettant tous les appareils en veille lorsqu’on éteint la lumière du salon.
Il arrive même (ce qui n’est pas le cas ici) d’accoller des balcons à la façade, évitant ainsi tout pont thermique, ce qui ajoute un confort non négligeable au logement.
Mais comment les gérants de ces logements sociaux vont-ils pouvoir financer ces travaux en augmentant très peu les loyers ? En installant sur le toit en terrasse, (très bien isolé également !) des maisons d’habitation en ossature bois, très demandées, qui disposent de jardins
et d’espaces ouverts, dont le loyer élevé permettra d’amortir plus rapidement les investissements. Il fallait y penser !
L’entreprise ABG Frankfurt Holding a ainsi transformé une épave thermique (220 kwh/m2/an de chauffage) en un immeuble aux normes de la Maison Passive (c’est-à-dire 15 kwh/m2/an de chauffage), qui est
aussi une maison ZERO Emission de CO2.
Le « facteur 10 » a donc largement été respecté !
Et si vous êtes sceptiques, je vous y emmène dans le cadre d’un voyage d’études et de découvertes, à organiser avec l’ACEVE ! Chiche !
Les conditions de réalisation