Nos objectifs :
- des travaux bouclés en 8 mois,
- une empreinte écologique la plus légère possible
- un budget raisonnable
- un confort de vie maximal.
Nous avions un beau volume, des murs relativement sains et une toiture qui, bien que refaite, avait conservé sa charpente en chêne d’origine et avait été rhabillée de voliges de châtaignier. Pas de fondations, et de l’eau à fleur de sol en hiver. Très vite, il nous est apparu que l’essentiel était d’isoler tout en préservant la respiration naturelle des murs. Nous ne voulions pas non plus que l’humidité s’accumule derrière des enduits étanches ou une chape de ciment, ce qui aurait entraîné le pourrissement progressif du bâtiment.
La configuration était simple : une maison rectangulaire d’une superficie
de 120 m², aux grandes façades orientées est/ouest avec une seule séparation intérieure et toute la hauteur sous toiture disponible, le plancher d’origine ayant été abattu. Nous avons décidé de garder toute la hauteur dans la partie principale de 75 m²pour en faire le lieu de vie qui accueillerait aussi le coin cuisine et la table familiale. Dans la partie restante, un étage ouvert sur la grande pièce avec en haut une chambre, une salle de bain et dans la partie mezzanine, le bureau et le coin des
amis de passage. Au rez-de-chaussée, deux chambres et des sanitaires.
L’assainissement et l’isolation au sol
En partie nord de la maison, l’eau apparaissait dès que
l’on creusait le sol. Les drains préalablement installés
autour du bâtiment n’y suffisaient pas. Nous avons fait
décaisser de 30 à 50 cm sur toute la surface et comblé
avec un hérisson en concassé de 20/40. Nous avons
aménagé une aération dans le hérisson au moyen de
drains débouchant à l’extérieur.
L’ensemble a été recouvert
d’une dalle isolante à base de chaux, chargée en
billes d’argile dans la partie nord (la plus humide) et en
chanvre pour la pièce à vivre. Epaisseur de la chape :
20 cm.
Des carreaux de terre cuite posés sur chape
maigre (chaux toujours) et lait de chaux pour les joints
ont été choisis pour couvrir l’ensemble.
L’isolation sous toiture, la création de l’étage et les cloisons
L’isolation sous toiture, la création de l’étage et les cloisons ont été mises en oeuvre par le même artisan.
Directement sous la toiture ont été aménagés des caissons dans lesquels a été insufflée de la ouate de cellulose. L’habillage est de volige de châtaignier brut. Le menuisier, Jérôme Bouju, a réalisé un travail d’orfèvre, notamment autour des quatre fermes qui sont restées
apparentes. Le résultat est spectaculaire.
Châtaignier aussi pour les huisseries en double vitrage.
Les pièces ont été créées avec des cloisons de placo, isolées par
des plaques de laine de chanvre.
L’isolation phonique du plancher de l’étage est assurée par de la fibre de bois.
Les murs

Pour ce qui concerne les murs, nous souhaitions
conserver leurs irrégularités, les angles pas trop droits,
les creux et les bosses. Pas question pour autant de
rester sur de la pierre apparente, trop froide. La rencontre
avec Michel Chéron a fait le reste. Ce virtuose de la
truelle a réalisé un bel enduit chaux-chanvre, qui isole
tout en respirant et qui donne à l’ensemble une douceur
incomparable. Michel s’est surpassé en travaillant les
contours de fenêtre, en utilisant les trous qui restaient
des anciens planchers pour y faire de petites niches,
bref, en faisant de notre maison, une « pièce unique ».
Le chauffage
La question du mode de chauffage nous a pas mal
occupés. Ecartée, la géothermie qui nous laissait trop
dépendants de l’électrique. Le solaire pouvait être un
complément à quelque chose mais quoi ?
Finalement, la
solution bois nous a semblé la plus évidente. Le poêle de
masse nous tentait beaucoup, mais suffirait-il à chauffer
l’ensemble, y compris les pièces situées à l’arrière de
la maison ? Le contact s’est fait rapidement avec Feu
Vivant , dont les réalisations nous plaisaient beaucoup
et qui, par chance, se trouve à quelques encablures de
chez nous. Hans et Maria Hinrichs ont été très chaleureux,
ont répondu à nos questions avec beaucoup de
patience.
Nous avons choisi l’option « participation au
chantier », ce qui nous a permis de bien comprendre
le fonctionnement du poêle. Et l’organisation de Hans
pendant les cinq jours que dure la construction est tout
simplement impressionnante. L’investissement n’est pas
mince, mais le coût d’installation d’un chauffage central
non plus, et le coût de fonctionnement est minime.
En conclusion
Nous vivons dans cette maison
depuis un an, et nous estimons que nos objectifs sont
pleinement atteints. La relation avec les artisans a été
excellente, le résultat nous correspond parfaitement et
la maison est confortable et facile à vivre.
Le poêle de
masse est non seulement une réussite esthétique, mais
il procure surtout une chaleur vraiment agréable et est
d’une utilisation très facile.
Les terres cuites, traitées à
l’huile dure, sont d’un entretien simplissime (malgré trois
jeunes enfants qui ne leur épargnent rien).
Les enduits
chaux-chanvre tiennent toutes leurs promesses, l’ambiance
est douce, lumineuse et la température ambiante
toujours agréable.
Et le budget est resté dans les clous.