ACEVE - Association pour la Cohérence Environnementale en ViennE

Association pour la Cohérence Environnementale en ViennE
Penser globalement, agir localement



Rénover une ferme


Cette simple maison de ferme était vide depuis 30 ans. Il en restait quatre murs de pierre, une toiture refaite peu d’années avant et une belle cheminée, adossée à un mur de refend.

Nos objectifs :

  • des travaux bouclés en 8 mois,
  • une empreinte écologique la plus légère possible
  • un budget raisonnable
  • un confort de vie maximal.

Etat initialNous avions un beau volume, des murs relativement sains et une toiture qui, bien que refaite, avait conservé sa charpente en chêne d’origine et avait été rhabillée de voliges de châtaignier. Pas de fondations, et de l’eau à fleur de sol en hiver. Très vite, il nous est apparu que l’essentiel était d’isoler tout en préservant la respiration naturelle des murs. Nous ne voulions pas non plus que l’humidité s’accumule derrière des enduits étanches ou une chape de ciment, ce qui aurait entraîné le pourrissement progressif du bâtiment.
La configuration était simple : une maison rectangulaire d’une superficie de 120 m², aux grandes façades orientées est/ouest avec une seule séparation intérieure et toute la hauteur sous toiture disponible, le plancher d’origine ayant été abattu. Nous avons décidé de garder toute la hauteur dans la partie principale de 75 m²pour en faire le lieu de vie qui accueillerait aussi le coin cuisine et la table familiale. Dans la partie restante, un étage ouvert sur la grande pièce avec en haut une chambre, une salle de bain et dans la partie mezzanine, le bureau et le coin des amis de passage. Au rez-de-chaussée, deux chambres et des sanitaires.

L’assainissement et l’isolation au sol

En partie nord de la maison, l’eau apparaissait dès que l’on creusait le sol. Les drains préalablement installés autour du bâtiment n’y suffisaient pas. Nous avons fait décaisser de 30 à 50 cm sur toute la surface et comblé avec un hérisson en concassé de 20/40. Nous avons aménagé une aération dans le hérisson au moyen de drains débouchant à l’extérieur.
L’ensemble a été recouvert d’une dalle isolante à base de chaux, chargée en billes d’argile dans la partie nord (la plus humide) et en chanvre pour la pièce à vivre. Epaisseur de la chape : 20 cm.
Des carreaux de terre cuite posés sur chape maigre (chaux toujours) et lait de chaux pour les joints ont été choisis pour couvrir l’ensemble.
L’isolation sous toiture, la création de l’étage et les cloisons

Plafond
L’isolation sous toiture, la création de l’étage et les cloisons ont été mises en oeuvre par le même artisan.
Directement sous la toiture ont été aménagés des caissons dans lesquels a été insufflée de la ouate de cellulose. L’habillage est de volige de châtaignier brut. Le menuisier, Jérôme Bouju, a réalisé un travail d’orfèvre, notamment autour des quatre fermes qui sont restées apparentes. Le résultat est spectaculaire.
Châtaignier aussi pour les huisseries en double vitrage.
Les pièces ont été créées avec des cloisons de placo, isolées par des plaques de laine de chanvre.
L’isolation phonique du plancher de l’étage est assurée par de la fibre de bois.


Les murs
Enduits Pour ce qui concerne les murs, nous souhaitions conserver leurs irrégularités, les angles pas trop droits, les creux et les bosses. Pas question pour autant de rester sur de la pierre apparente, trop froide. La rencontre avec Michel Chéron a fait le reste. Ce virtuose de la truelle a réalisé un bel enduit chaux-chanvre, qui isole tout en respirant et qui donne à l’ensemble une douceur incomparable. Michel s’est surpassé en travaillant les contours de fenêtre, en utilisant les trous qui restaient des anciens planchers pour y faire de petites niches, bref, en faisant de notre maison, une « pièce unique ».


Le chauffage

La question du mode de chauffage nous a pas mal occupés. Ecartée, la géothermie qui nous laissait trop dépendants de l’électrique. Le solaire pouvait être un complément à quelque chose mais quoi ?
Finalement, la solution bois nous a semblé la plus évidente. Le poêle de masse nous tentait beaucoup, mais suffirait-il à chauffer l’ensemble, y compris les pièces situées à l’arrière de la maison ? Le contact s’est fait rapidement avec Feu Vivant , dont les réalisations nous plaisaient beaucoup et qui, par chance, se trouve à quelques encablures de chez nous. Hans et Maria Hinrichs ont été très chaleureux, ont répondu à nos questions avec beaucoup de patience.
Nous avons choisi l’option « participation au chantier », ce qui nous a permis de bien comprendre le fonctionnement du poêle. Et l’organisation de Hans pendant les cinq jours que dure la construction est tout simplement impressionnante. L’investissement n’est pas mince, mais le coût d’installation d’un chauffage central non plus, et le coût de fonctionnement est minime.
En conclusion

Nous vivons dans cette maison depuis un an, et nous estimons que nos objectifs sont pleinement atteints. La relation avec les artisans a été excellente, le résultat nous correspond parfaitement et la maison est confortable et facile à vivre.
Le poêle de masse est non seulement une réussite esthétique, mais il procure surtout une chaleur vraiment agréable et est d’une utilisation très facile.
Les terres cuites, traitées à l’huile dure, sont d’un entretien simplissime (malgré trois jeunes enfants qui ne leur épargnent rien).
Les enduits chaux-chanvre tiennent toutes leurs promesses, l’ambiance est douce, lumineuse et la température ambiante toujours agréable.
Et le budget est resté dans les clous.